Nous sommes souvent appelés, ou tentés, d’émettre un jugement et à sa suite une sanction. Cela nous est en principe très facile. Dans
ce domaine, nous faisons preuve de spontanéité, nos attendus nous semblent pertinents, notre sanction juste et sans appel.
S’agissant de nous-mêmes, nous sommes tout à fait ouverts à la mansuétude, à l’écoute attentive des circonstances atténuantes, et au classement de nos affaires par un
non lieu.
Notre entretien d’aujourd’hui, va essayer de porter un regard sur le jugement. Sur le monde en général, puis nous rétrécirons le cercle, pour ne regarder que dans
l’église locale.
En effet, d’après l’apôtre Paul,
Qui que tu sois : un clochard, un ouvrier, un
chef, un roi, un pape, quand tu juges tu es coupable des choses que tu juges. En jugeant, tu te condamnes toi-même car tu fais les mêmes choses. (Rom 2. 1)
Il est exclu de trouver une personne capable de
juger les autres, car qui que ce soit celle qui juge elle est elle-même justiciable pour les mêmes motifs. Chacun de nous est incapable de porter quelque jugement que ce soit sur
une autre personne, à cause de la nature pécheresse qui colle si bien à notre peau.
Nous allons faire lecture d’un jugement proche
de la justice rapide et sans appel que nous savons faire. Si nous prenons par exemple Nathan consultant David pour juger d’un délit, voire d’un crime. Nathan a un cas à juger. Il en réfère au
roi, car c’est lui qui tient l’épée.
2 Samuel 12: 1 ¶
L'Éternel envoya Nathan vers David. Nathan vint à lui et lui dit: Il y avait dans une même ville deux hommes, l'un riche et l'autre pauvre.
2
Le riche avait du petit et du gros bétail en très grande quantité.
3 Le pauvre n'avait rien du tout sinon une petite brebis, qu'il avait achetée; il la nourrissait,
et elle grandissait chez lui avec ses fils; elle mangeait de son pain, buvait dans sa coupe, dormait sur son sein. Elle était pour lui comme une fille.
4 Un voyageur arriva chez l'homme riche. Et le riche n'a pas voulu toucher à ses brebis ou à ses boeufs, pour préparer un repas au
voyageur qui était venu chez lui; il a pris la brebis du pauvre, et l'a apprêtée pour l'homme qui était venu chez lui.
5 La colère de David s'enflamma violemment contre cet homme, et il dit à Nathan: L'Eternel est vivant! L'homme qui a fait cela mérite la
mort.
6 Et il rendra quatre brebis, pour avoir commis cette action et pour avoir été sans pitié.
7 Et Nathan dit à David: Tu es cet homme-là! Ainsi parle l’Éternel, le Dieu d'Israël: Je t'ai oint pour roi sur Israël, et je t'ai délivré
de la main de Saül;
8 je t'ai mis en possession de la maison de ton maître, j'ai placé dans ton sein les femmes de ton maître, et je t'ai donné la maison
d'Israël et de Juda. Et si cela eût été peu, j'y aurais encore ajouté.
9 Pourquoi donc as-tu méprisé la parole de l’Éternel, en faisant ce qui est mal à ses yeux? Tu as frappé de l'épée Urie, le Héthien; tu as
pris sa femme pour en faire ta femme, et lui, tu l'as tué par l'épée des fils d'Ammon.
10 Maintenant, l'épée ne s'éloignera jamais de ta maison, parce que tu m'as méprisé, et parce que tu as pris la femme d'Urie, le Héthien,
pour en faire ta femme.
11 Ainsi parle l’Éternel: Voici, je vais faire sortir de ta maison le malheur contre toi, et je vais prendre sous tes yeux tes propres
femmes pour les donner à un autre, qui couchera avec elles à la vue de ce soleil.
12 Car tu as agi en secret; et moi, je ferai cela en présence de tout Israël et à la face du soleil.
13 David dit à Nathan: J'ai péché contre l’Éternel! Et Nathan dit à David: L’Éternel pardonne ton péché, tu ne mourras
point.
14 Mais, parce que tu as fait blasphémer les ennemis de l’Éternel, en commettant cette action, le fils qui t'est né
mourra.
15 ¶ Et Nathan s'en alla dans sa maison. L’Éternel frappa l'enfant que la femme d'Urie avait enfanté à David, et il fut dangereusement malade.
Voilà
ce qui nous attend quand on juge rapidement ou même si nous réfléchissons plus lentement.
Nous
pouvons voir donc, qu’ici encore, il n’y a aucune dichotomie entre l’A.T et le N.T. Ce que nous dit la Bible c’et que l’homme est incapable de juger ; incapable
non dans le sens pratique, mais dans le sens juridique du terme. Dans la pratique, David a été un juge formidable. Mais il nous est bien montré que Dieu seul a l’autorité pour juger.
Rappelez-vous le passage Hébreux 10:30 Car nous connaissons celui qui a dit: A moi la vengeance, c'est moi qui rétribuerai. Et encore: Le Seigneur jugera
son peuple.
A cause
du péché ancré dans chaque personne, quelle qu’elle soit, personne, dans l’absolu, n’est autorisé à prononcer un jugement
Ceci
dit, je ne crois pas que ce constat remette en cause l’existence des tribunaux pour juger des affaires des hommes ; non plus le devoir de discipline au sein d’une église. C’est bien du jugement
d’un particulier sur une autre personne ou groupe de personnes dont il s’agit ici. C’est l’esprit “pharisaïque” qui est dénoncé, un esprit toujours à l’affût de la moindre incartade des autres.
Ils pensent ainsi se dédouaner de leurs fautes mineures, en mettant en exergue celles, évidemment majeures, des autres personnes. C’est un mouvement d’orgueil qui
permet de faire la différence de qualité morale, spirituelle, etc, mettant en évidence la plus grande valeur de celui qui juge sur celui qui est jugé.
Mais Paul dit : “ Tu es inexcusable
; toi qui juges les autres, tu te condamnes toi-même, puisque toi qui juges, tu fais les mêmes choses.” Aux yeux de Dieu rien n’est caché. On peut cacher aux hommes, pas à Dieu.
Aussi la Parole ajoute-t-elle : “ Tu n’échapperas pas au juste jugement de Dieu.” Dieu seul en effet, a la capacité à porter un jugement et à ordonner une sentence. Par
contre la personne qui passe son temps à critiquer, à juger, s’amasse un “ trésor de colère” pour le jour où Dieu exercera son juste jugement
nous dit le verset 5. Non seulement Dieu est seul capable de prononcer un jugement, et de plus, seul son jugement est juste. Tout jugement prononcé par les hommes n’a pas la
connaissance des attendus que Dieu développe dans un jugement. C’est pourquoi le jugement de Dieu ne peut pas ressembler à celui des hommes.
Peut-être pensez-vous qu’il est possible
d’émettre un jugement «in peto,» en dedans de nous, un jugement intime, secret, pour soi-même, subséquent à une réflexion particulière, pour notre gouverne.
Afin de voir ce qu’il en est nous allons nous
transporter dans l’Évangile de Luc au chapitre 7. 36 à 50. Nous sommes dans la maison d’un Simon, pharisien, où Jésus se trouve. Et là, regardez ce qui se passe. Survint Marie de Magdala qui
brise un vase de parfum sur les pieds de Jésus, sur lesquels aussi elle verse de nombreuses larmes qu’elle essuie avec ses cheveux. Mais cette femme est classée “femme de mauvaise vie”.
Notre juste Simon, juste parmi les justes
devant l’Éternel, du moins le croit-il, y va de son jugement en lui-même. “Si cet homme était prophète, il connaîtrait qui et de quelle
espèce est la femme qui le touche. Il connaîtrait que c’est une pécheresse.”
Simon le pharisien, n’a pas la franchise pour
émettre son jugement double dans ce cas. Un sur Jésus qu’il juge faux prophète, un sur la femme chargée de péchés. Ses deux jugements, bien que n’étant formulés que dans sa pensée, arrivent
cependant à la connaissance de Jésus. Rendez-vous compte de la sévérité de la réaction. Par ses paroles, Jésus montre, sans rien en dire, au pharisien Simon, qu’il est lui, découvert dans son
essai de minimiser le ministère de Jésus. Dès que Simon a compris qu’il a devant lui un prophète, Jésus commence à faire voir à notre juge, qu’il connaît cette femme par les attentions de cœur
manifestées par elle à son égard. Ces attentions ont échappé par contre à Simon. Le jugement arrive, juste implacable. Permettez-moi de le simplifier sans l’altérer : “ Tu n’a pas
fait pour moi ce qu’elle à fait pour moi, alors que tu en avais les moyens. “ Quel affront, quelle gifle ! Tu crois être le meilleur et par ton jugement, tu te trouves pire que
celle ou celui que tu juges.
Cette femme n’était pas membre de la synagogue
; pourtant elle était meilleure que Simon le Pharisien. Attaché à la lettre de la loi, Simon était fermé à l’amour du prochain. Sa vision de la loi, lui cachait le devoir de se taire sur les
imperfections d’autrui. Il pouvait se rendre compte du suivi ou non de la loi, mais il ne lui était pas permis de porter un jugement, car en réalité il était pire que la personne qu’il jugeait.
Il en est ainsi parmi des chrétiens qui oublient qu’ils sont eux-mêmes plus pécheurs que ceux qu’ils jugent en se mettant derrière la loi et les convenances. Jésus pardonne à qui se repent, mais
les hommes condamnent sans rémission ceux qui ne sont pas à leur goût, qui ont tel ou tel autre péché à purifier. Ils prennent la place de Dieu en jugeant, mais leur jugement, nous l’avons
démontré, est inique, et leur revient comme un boomerang, par le juste jugement de Dieu.
Alors que faut-il faire quand j’ai une furieuse
envie de juger ? Comme je fais les mêmes choses ou des choses qui y ressemblent, je vais commencer par me juger moi-même. J’ai de quoi m’occuper longuement, alors que je me serais ennuyé à ne
rien faire. Ensuite, si je n’ai plus honte de moi, je puis aller trouver le frère ou la sœur en la prenant à part avec tact et amour et lui dire moi aussi je faisais les mêmes chose, mais le
Seigneur peut te délivrer. Ainsi on peut aider dans l’église, dans la communion fraternelle, à extraire le péché. Avec des prévenances, et non en crachant du venin.
N’oublions pas qu’au tribunal de Dieu nous
serons jugés avec la même argumentation, la même sévérité, la même rigidité, la même jurisprudence et la même absence de compassion pour les circonstances atténuantes que par ailleurs nous ne
pouvons pas apprécier. En aucune façon notre jugement peut être un juste jugement.
Pour nous-mêmes, soyons au contraire très
exigeants. Pour les autres, cela ne nous regarde pas d’en faire ni le compte, ni l’étal ; seul Dieu reste capable d’émettre un juste jugement.
Il y a une chose que vous avez le droit et le
devoir de juger, c’est ce qui est dit dans une prédication ou une étude biblique. Il vous appartient comme les auditeurs de Bérée de vous informer plus avant avec votre Bible, pour voir si
l’enseignement est conforme, erroné, tendancieux ou juste. Dans ce domaine, jugez avec amour et justice. Faites la différence entre le folklore pagano-chrétien et la Parole de Dieu. Ce jugement
fait la différence, il est bénéfique. Nma
Henri Darnès le 12 juin 2001
sur les ondes de FM EVANGILE 66. La seule Radio Chrétienne du département. 88.7
Mhz
Revu le 21 septembre 2007
QUE DIEU NOUS ACCORDE LA GRÂCE DE NE PAS DEVENIR DES PHARISIENS, MAIS DE VOIR NOTRE PROCHAIN AU DESSUS DE NOUS, EN SORTE QUE NOUS SOYONS ÉGAUX, CAR DIEU NE FAIT ACCEPTON DE
PERSONNE. CS
De :
Sanchez

| 22/09/2007 20:26:10 | article :
JUGER
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