Si nous lisons dans l’évangile de Matthieu chapitre 25, versets 14 à 30 et dans l’évangile de Luc chapitre 19 versets 11 à 27, nous faisons une étonnante lecture de rendement.
Que ce soit l’une ou l’autre de ces paraboles, voilà qui vient bousculer encore nos habitudes et nos façons d’agir.
A nous qui d’ordinaire cherchons le repos, il nous est demandé du travail. A nous qui recherchons la facilité, il nous est demandé l’effort.
Voilà donc au premier abord, un sermon peu lénifiant. Si vous êtes installés pour recevoir une gentille petite homélie, je pense que vous allez être déçus. En effet, vous allez vous entendre dire : « Va faire fructifier tes mines et tes talents, sous peine de sanctions graves. Graves parce qu’une loi non accompagnée de sanctions a fort peu de chances d’être obéie.
Dans la parabole des talents, le rapport est de 100 °/° ; mais dans la parabole des mines, le rapport est de 1000 °/° !
Pour obtenir un tel rapport, que ce soit dans l’agriculture, l’industrie ou le commerce, il faut se lever de bon matin et travailler longtemps. Cela me fait penser à cette pastorale de Victor Hugo. Je ne saurais pas vous la dire toute, de mémoire ; elle commençait ainsi :
C’est le moment crépusculaire.
J’admire assis sous un portail
Le reste du jour, dont s’éclaire,
La dernière heure du travail.
Hier comme aujourd’hui, la fortune ne vient pas en dormant. Malgré cela, je pense que ce brave agriculteur qu’observait Victor Hugo, était loin des 1000 °/° Pourtant il peinait à l’ouvrage. Le travail du semeur est ardu, pénible. Il fait suite à un travail aussi ardu de la préparation du sol. Cet exemple est donc un témoignage de la pénibilité d’un long travail. Il commence chaque jour avant le lever du soleil et il termine après son coucher.
Entre parenthèses, c’est loin de rappeler, le temps réel, que nous passons en prière devant le Seigneur.
Jésus qui est parti pour un long voyage de bientôt 2000 ans, pour chercher son titre de Roi, revient. Il attend de nous cette fructification extraordinaire qui s’étale de 100 à 1000 °/°.
Pour un si gros rapport, que de travail en à prévoir !
Si un employeur du 21° S. demandait un tel rapport de ses ouvriers, on crierait tout aussitôt : « C’est du profit ! C’est de l’esclavagisme ! Où sont les 35 heures ? »
Notre XXI° S est entr’autres définitions, le siècle de la vitesse. On dirait à voir l’agitation effrénée des gens, que le temps se précipite. On n’a plus le temps pour quoi que ce soit, sauf peut-être regarder des publicités à la télévision. Après une nuit de veille devant le petit écran, le jour vient très rapidement.
Pour une sentinelle de nuit, la nuit est longue. « Sentinelle, que dis-tu de la nuit ? »
La nuit est très longue pour une sentinelle. Elle doit veiller, sous peine de mort, à sa sécurité et partant celle des autres. La sentinelle monte la garde avec l’espoir que la nuit s’en va et que le matin vient.
Le matin qu’attend le disciple de Christ, c’est sa venue sur les nuées, pour chercher son Eglise. Nous sommes pressés de le voir arriver. Pour ceux qui seront surpris, pour les révoltés, ce sera une catastrophe. « Au reste, amenez ici mes ennemis qui n’ont pas voulu que je régnasse sur eux, et égorgez-les [1] en ma présence. »
Les personnes qui font ce qu’elles veulent, parce qu’elles refusent l’autorité de Jésus, n’auront aucun recours. Quand une âme est arrachée au camp du mal, pour passer dans le camp du bien, c’est dans le Ciel, l’occasion d’une grande joie. Cette joie se communique au sujet qui vient de choisir son nouveau Roi.
Le serviteur qui a travaillé contre le mal, qui a œuvré pour qu’une personne passe d’un camp à l’autre, a aussi part à cette joie. « Entre dans mon repos » lui dit le Seigneur.
Mais comment Dieu nous dira-t-il d’entrer dans son repos si nous n’avons pas travaillé pour lui ?
Le temps, notre temps, et nos propres forces employées au service de Dieu, dans les plans tracés pour nous, c’est à quoi Dieu veut nous voir occupés.
Le mauvais serviteur ne vit que pour lui-même. Il a un cœur sec. Son égocentrisme le conduit à être comme le figuier stérile, sans fruits. Les gens qui croient accomplir un devoir religieux en puisant dimanche après dimanche des trésors spirituels dans leur église, et qui gardent jalousement ces trésors pour eux, se trompent. Un capital que l’on ne fait pas fructifier est un capital qui se dévalue très rapidement. Il s’épuise par l’inflation.
A ceux-là on va même leur ôter ce qui leur reste encore. Il est inutile de continuer à leur confier un capital. On ira le confier à un capable.
Faire fructifier la mine ou le talent, exige d’abord de faire confiance dans l’investissement qui va être fait. Le manque de confiance dans le produit du placement conduit à l’inaction, et par la suite, à la réprobation du Maître.
Dieu nous confie une mine ou un talent. C’est déjà au départ, un capital d’une grande valeur. N’oublions pas que nous sommes faits à l’image de Dieu. Si nous avons la nature de Dieu à notre disposition, ce que nous recevons de lui, nous pouvons aussi le gérer avec brio. Il nous faut avoir foi dans le rendement du placement.
Le placement qui nous a été confié d’effectuer, c’est le salut par grâce offert à tous les hommes qui acceptent le plan de Dieu et la seigneurie de Jésus. Voulons-nous faire fructifier ou enfouir ?
« Que ferons-nous ? »
Seule l’inaction est sanctionnée. La bouche qui reste fermée, qui n’annonce pas le Christ est coupable. L’impossibilité qu’ont certaines personnes à confesser Dieu, résulte d’un vide spirituel dans leur propre cœur. On devrait avoir assez d’amour pour une personne pour lui annoncer le salut éternel. On doit chercher aussi, dans la cuirasse du monde, un défaut, une faille par où peut entrer la Parole de Dieu. Il est évident qu'il faut être convaincu soi-même de l'importance du Salut. Seuls ceux qui sont persuadés, peuvent annoncer Jésus en temps et hors de temps ; les ricanements, les sarcasmes, ils n’en ont cure.[2]
A l’énoncé de la Parole de Dieu, le monde écoute son salut ou sa propre perte. Toutes fois nous ne sommes pas seulement tenus à une mise en œuvre de moyens, mais aussi à des résultats.
Avant ou après avoir parlé à quelqu’un du Salut, il y a la prière.
La prière est cette mise à l’intérêt du capital chez le banquier. Nous devons déposer nos valeurs auprès de notre Banquier céleste. Il est capable de faire fructifier notre dépôt. Il y a dans la sphère céleste que nous ne voyons pas, des combats terribles entre les anges de Dieu et ceux de Satan ; Nos prières contre les forces spirituelles ne sont pas vaines, même si nous ne voyons pas le déroulement de la guerre. Cependant, il y a comme une mise à l’intérêt d’un capital qui nous est confié.
Que se soit sur le terrain et dans votre chambre, ou dans votre chambre seulement, il y a de quoi faire pour faire augmenter le capital.
« Le Seigneur ajoutait chaque jour à l’église, ceux qui étaient sauvés. » Sans le travail des chrétiens, cela n’aurait pas été possible. Devant ce travail, deux solutions. La mauvaise solution c’est craindre Dieu de la mauvaise crainte ; c’est être son ennemi, son non ami. La bonne solution c’est d’être confiant et aimer son amour paternel ; c’est aimer Dieu pour lui-même, pour ce qu’il est et non pour ce qu’il donne.
Toute notre vie n’est qu’un problème à résoudre. Il nous faut toujours choisir en permanence, quels que soient les termes de l’énoncé, entre deux solutions. Deux routes sont constamment devant nous comme ce fut le cas pour Abraham et Lot. Prendrons-nous à droite ou à gauche ? Vais-je au culte ou est ce que je reste au lit ? Vais-je à la réunion de mon église, ou est ce que je lis un roman ? Passerai-je du temps dans la prière, ou est ce que je me laisserai gagner par le péché, les soucis ?
Finalement ce qui compte, ce n’est pas de marcher, mais de savoir où nos pas nous mènent. Ah, il y en aura eu des bons marcheurs durant leur vie ! Pour aller où ? Dieu ne regarde pas si vous marchez avec une religion ou avec des dogmes. Dieu regarde si vous marchez avec le Christ. « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j’ai mis toute ma confiance. Ecoutez-le. »
En écoutant Jésus, nous allons mettre nos mines ou nos talents à la production d’intérêts. Certainement notre apport sera modeste à côté des 1000 °/°, mais Dieu ne demande pas l’impossible. Notre effort doit se déployer dans notre confiance dans le Christ vivant. Le Christ a été sur la croix pour nous sauver de la mort. Ressuscité le troisième jour, il vit à jamais.
Confions-nous dans le Christ ressuscité afin de bénéficier des consolations du Saint-Esprit.
Notre chemin cahoteux et semé de pierres serait terriblement dur et désespérant, si nous n’avions pas la certitude que notre Rédempteur est vivant. Heureusement que je sais qu’il vit ! Car quand les événements de l’Histoire actuelle se confondent avec les Paroles de prophétie, je ne m’inquiète pas, car il faut que ces choses arrivent.
Heureusement que je sais qu’il vit ! Parce qu’en même temps je sais qu’il vient en frappant à la porte. Je l’invite à entrer et nous soupons ensemble ; il participe à la vie de ma vie et heureusement qu’il y participe ! A défaut j’attendrai vainement un ordre qui parvienne à mes oreilles car le talent et la mine me sont déjà confiés. Or le Maître est absent, et il est sévère. Le dépôt de valeurs doit rapporter x °/°.
Pour fournir 1000 °/° cela revient à amener pour chacun de nous 10 personnes à Christ. Comme ce n’est pas une petite affaire, il nous reste qu’à employer les méthodes du Christ.
Un disciple doit travailler comme son maître. En envoyant ses gens parcourir la terre, Jésus leur demande de l’imiter. « Allez, prêchez la bonne nouvelle, Guérissez, chassez les démons, baptisez. Généralement on croit que tout ceci c’est le boulot du Pasteur. Je mets au défi quiconque, de trouver dans le Nouveau Testament, qu un acte soit réservé uniquement aux pasteurs ! Aujourd’hui, personne ne risque de se trouver dans le cas de Saül offrant un sacrifice, à lui interdit. Paul a bien dit que ce n’est pas la valeur du discours qui fait un envoyé, mais la démonstration de la puissance de Dieu. Le Christ ne peut être qu’imité. Prions pour que Jésus nous apprenne à faire comme Lui et pas comme nous voulons faire.
Les auditeurs se fient plus à ce qu’ils voient plutôt qu’à des discours prometteurs.
Jésus a nourri des foules, guéri des malades, séché beaucoup de larmes, secouru quiconque s’est approché de lui. Un aveugle, un paralytique recouvrant la santé, un mort qui ressuscite, sont plus parlant qu’un discours, qu’une théorie, qu’un programme. Sans la puissance du Seigneur se manifestant en nous, nous sommes comme des moteurs qui ne recevraient pas le courant. Quand bien même nous serions revêtus de la puissance du Seigneur, en dernier lieu c’est le Saint-Esprit qui convainc de péché de justice et de jugement. Le travail sans Dieu serait impossible. Cependant le Seigneur ne nous confie pas des mines et des talents sans nous donner aussi le moyen de les faire fructifier. Pour ceux qui seraient tentés d’enfouir le capital, il reste la banque. C’est dans la prière que ceux qui ne peuvent pas faire autrement, peuvent agir. Il y a donc un appel général à faire fructifier ce que l’Esprit a déposé en nous.
Jésus nous a annoncé son Royaume. Bien plus, il nous en a ouvert les portes par son sacrifice. Les miracles sont là pour confirmer la valeur du message que nous devons transmettre.
Le Dieu d’amour attend chacune de ses créatures pour les sauver. Voulons-nous entrer dans l’œuvre de Dieu ?
[1] Certaines versions indiquent seulement «tuer». Le texte grec donne katasfaxate, égorgez-les. Il n’y a pas de recours possible car il n’y a pas, de surseoi à exécution.
[2] Toutes fois, il faut montrer de la sagesse dans l’évangélisation individuelle ou de groupe. On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre. Ne jamais oublier que si Dieu abhorre le péché, il aime le pécheur pour le sauver. Nous n’avons pas à brandir l’enfer mais le paradis ! Nous n’avons pas à brandir Harmaguédon mais la résurrection !
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