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UNE COUPE AMERE A BOIRE
Lire : Matthieu 20. 17 à 28
Je voudrais retenir la demande de la mère des fils de Zébédée.
L'humain a des désirs : bonheur, santé, prospérité, un bon président pour notre République.
Dieu manifeste sa volonté ! il veut être servi .
Dans Matthieu, (contrairement au rapport qui nous est fait en Mc 10) c'est la mère qui demande pour Jean et Jacques.
Alors qu'ils sont en chemin vers Jérusalem, elle va au devant de Jésus et se prosterne
Elle se trouve effectivement en position de demanderesse. Jésus, en position de Roi lui demande : "Que veux-tu ?" Elle se trouve ainsi en position de faire sa demande.
Quand on s'adresse au roi, on s'adresse à quelqu'un qui est capable de répondre à une demande. Elle veut tout simplement si on peut dire, en tout cas sans aucune hésitation, une place d'honneur et donc de direction, d'autorité dans le Royaume de Dieu, pour ses deux fils.
Jésus venait de leur parler d'humiliation, de souffrance, de mort. Ils n'ont retenu des prophéties de Jésus que le bon côté : la résurrection et l'établissement du Royaume.
Ainsi de nos jours d’aucuns se voient investis de la filiation divine et oublient qu’il y aura forcément des difficultés ; Ils oublient que le serviteur n’est pas plus grand que le Maître.
Jésus va leur faire voir que leur demande n'est pas recevable. le Royaume de Dieu ne fonctionne pas comme un royaume du monde. Ce n’est ni au piston, ni au mérite. D'abord, il reconnaît au Père la souveraineté absolue. C'est lui qui nomme, qui distribue les places d'honneur et d'autorité. Mais nul ne doit oublier qu'il y a une coupe amère à boire à partager avec les prétendants au Royaume. Jésus écarte le regard hautain, la position supérieure que nous sommes capables de nous octroyer, pour nous renvoyer d'abord à sa propre condition d'humiliation puis d'humilité et d'obéissance jusqu'à la mort. Il appert que l'on n’accède pas au Ciel sur un fauteuil de nuages comme le pensent certains chrétiens.
Dans ce genre nous trouvons les Corinthiens qui se font sermonner par Paul en 1 Cor 4. 8 :
Déjà vous êtes rassasiés, déjà vous êtes riches, sans nous vous avez commencé à régner. Et puissiez-vous régner en effet, afin que nous aussi nous régnions avec vous!
9 Car Dieu, ce me semble, a fait de nous, apôtres, les derniers des hommes, des condamnés à mort en quelque sorte, puisque nous avons été en spectacle au monde, aux anges et aux hommes.
L'apôtre aborde avec peine plus qu'avec ironie, le constat du mauvais état spirituel de l'église de Corinthe.
Forts de leur avancement antérieur, les Corinthiens se projettent dans le Royaume où ils règnent, rappelant ainsi la demande des fils de Zébédée (Mat 20 et Mc 10.)
Le serviteur n'étant pas plus grand que le Maître, peut-on réellement espérer régner avec Jésus sans être passé par l'humilité si non l'humiliation ?
N'a-t-on pas à choisir la dernière place pour être appelé à pouvoir monter plus haut? Car à choisir la meilleure place, nous risquons de devoir la céder à la demande du Maître pour une autre personne.
Dans des églises du XXI ° S on trouve aussi des suffisances : " Nous on est les meilleurs ; on a le Saint-Esprit. Tandis que tel autre église affirme être la seule et qu’en dehors d’elle il n’y a point de salut. Comme si le salut venait d’une dénomination !
Attention à ne pas ranger l’humilité dans un coin en rêvant à la meilleure place dans le Ciel. L'orgueil et la suffisance nous guettant tous, sachons nous humilier nous-mêmes, sans en faire une psychopathie bien sûr, mais en prenant soin de considérer l'autre comme supérieur à nous même. C'est ainsi que nous pourrons entendre le Roi nous dire de monter à la place exacte qu'il nous a préparée.
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